Théâtre Sévelin 36

Pièce pour une surface
15 minutes
"J’aimerais qu’il existe des lieux stables,
immobiles, intangibles, intouchés et presque intouchables, immuables, enracinés ;
des lieux qui seraient des références, des points de départ, des sources : Mon pays
natal, le berceau de ma famille, la maison où je serais né, l’arbre que j’aurais vu
grandir (que mon père aurait planté le jour de ma naissance), le grenier de mon enfance
empli de souvenirs intacts... De tels lieux n’existent pas, et c’est parce
qu’ils n’existent pas que l’espace devient question, cesse d’être évidence, cesse d’être
incorporé, cesse d’être approprié. L’espace est un doute : il me faut sans cesse le
marquer, le désigner ; il n’est jamais à moi, il ne m’est jamais donné, il faut que j’en fasse la
conquête."
Espèce
d’espace, Georges Perec (extrait)
I would like there to exist places that are stable, unmoving, intangible, untouched and almost untouchable, unchanging, deep-rooted ; places that might be points of reference, of departure, of origin : my birthplace, the cradle of my family, the house where I may have been born, the tree I may have seen grow (that my father may have planted the day I was born), the attic of my childhood filled with intact memories… Such places don’t exist, and it’s because they don’t exist that space becomes a question, ceases to be self-evident, ceases to be incorporated, ceases to be appropriated. Space is a doubt : I have constantly to mark it, to designate it. It’s never mine,never given to me, I have to conquer it.
Species of Space, Georges Perec (excerpt)Translated by John Sturrock
concept et chorégraphie
VIOLETTA PERRA
en collaboration avec
PHILIPPE MAEDER